Acheter en couple non marié en Belgique : précautions juridiques et fiscales
De plus en plus de couples achètent un bien immobilier sans être mariés en Belgique. C'est parfaitement légal, mais cela nécessite des précautions juridiques spécifiques. Sans mariage, aucun régime matrimonial ne vous protège automatiquement. Ce guide vous explique tout ce qu'il faut savoir et les pièges à éviter.
Comment achète-t-on à deux sans être mariés ?
Vous achetez en indivision. Chaque partenaire détient une quote-part du bien, généralement proportionnelle à son apport et/ou à sa contribution au remboursement du crédit. La répartition la plus courante est 50/50, mais elle peut être différente (60/40, 70/30, etc.).
Cette quote-part est inscrite dans l'acte d'achat chez le notaire. Elle détermine les droits de chacun en cas de séparation ou de décès.
La convention d'indivision : indispensable
C'est LE document essentiel que beaucoup de couples oublient. La convention d'indivision est un contrat rédigé par le notaire qui prévoit :
En cas de séparation : qui rachète la part de l'autre ? À quel prix ? Dans quel délai ? Qui reste dans le logement en attendant ? Que se passe-t-il si aucun des deux ne peut racheter ?
En cas de décès : le partenaire survivant a-t-il un droit de rachat prioritaire ? Un droit d'habitation temporaire ?
En cas de désaccord : comment est résolu le conflit ? Médiation ? Arbitrage ?
La cohabitation légale : un minimum de protection
La cohabitation légale (déclaration à la commune) offre quelques protections que la simple cohabitation de fait ne donne pas :
| Protection | Cohabitants de fait | Cohabitants légaux | Mariés |
|---|---|---|---|
| Protection du logement familial | ❌ | ✅ | ✅ |
| Héritage automatique | ❌ | Usufruit du logement | Usufruit de tout |
| Droits de succession réduits | ❌ (taux « entre étrangers ») | ✅ (taux réduits) | ✅ (taux réduits) |
| Obligation alimentaire | ❌ | Pendant cohabitation | ✅ |
La question cruciale des droits de succession
C'est le piège le plus dangereux. Si votre partenaire décède et que vous n'êtes ni mariés ni cohabitants légaux, vous héritez de sa part du bien au taux « entre étrangers » — soit 30 à 80% en droits de succession selon la région et le montant. Pour un bien de 300 000 € dont vous héritez la moitié (150 000 €), les droits peuvent atteindre 50 000 à 80 000 €.
Si vous êtes cohabitants légaux, les droits de succession sont ceux des « conjoints » — beaucoup plus bas (3 à 30% selon les tranches et la région). La différence est énorme.
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Lancer le simulateur →Exemple concret : Julie et Thomas
Julie (29 ans, 2 600 € nets) et Thomas (31 ans, 2 800 € nets) achètent un appartement à 265 000 € à Namur. Ils ne sont pas mariés mais sont cohabitants légaux.
Répartition : 50/50 dans l'acte d'achat. Apport : Julie apporte 15 000 €, Thomas 25 000 €. Convention d'indivision : l'apport différent est mentionné et sera pris en compte en cas de séparation.
Crédit : 265 000 € sur 25 ans à 3,15% (primo-acquéreurs Wallonie). Mensualité : 1 277 €. Taux d'endettement du couple : 23,6% — très confortable.
Protection : ils ont souscrit chacun une ASRD à 100%. En cas de décès de l'un, le crédit est intégralement remboursé. Comme ils sont cohabitants légaux, le survivant hérite de l'usufruit du logement à des droits de succession réduits.
Les erreurs à éviter absolument
Erreur n°1 : Acheter sans convention d'indivision
C'est l'erreur la plus fréquente et la plus coûteuse. En cas de séparation conflictuelle, sans convention, le seul recours est le tribunal. La procédure prend 1 à 3 ans et coûte des milliers d'euros en frais d'avocat.
Erreur n°2 : Ne pas être cohabitants légaux
La déclaration de cohabitation légale est gratuite à la commune et prend 5 minutes. Elle vous donne la protection du logement familial et des droits de succession réduits. Il n'y a aucune raison de ne pas la faire si vous achetez ensemble.
Erreur n°3 : Mettre le bien au nom d'un seul
Si vous remboursez le crédit à deux mais que le bien est au nom d'un seul, l'autre n'a aucun droit sur le bien en cas de séparation. C'est une situation très risquée pour le partenaire qui n'est pas propriétaire.
Erreur n°4 : Oublier le testament
Même en cohabitation légale, votre partenaire n'hérite que de l'usufruit du logement — pas de la pleine propriété. Pour que votre partenaire hérite de votre part en pleine propriété, il faut rédiger un testament. Coût chez le notaire : 100 à 200 €.
Comment sont calculées ces estimations ?
Les calculs de capacité utilisent la somme des revenus du couple et la règle des 33%.
Questions fréquentes sur l'achat en couple non marié
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